C’est un peu passé inaperçu ce week-end mais du côté du Tennessee, dans un parc du nom de Frozen Head, s’est déroulé à partir de samedi à 6 heures (12h en France), la quarantième édition d’une petite course à laquelle a participé Ronan Pierre, coureur bien connu des Coudous de la Save.
Beaucoup connaissent maintenant la fameuse Barkley, cette course quasi impossible à terminer avec près de 200 km et 20 000 m de dénivelé et qui commence bien en amont du jour J, ne serait-ce que pour réussir à contacter Laz, l’organisateur.
Ronan n’en a pas parlé autour de lui car les règles de la Barkley sont strictes. Personne hormis les participants ne doit connaître la date de la course. Pour l’heure de départ c’est même pire puisque les coureurs ne sont prévenus qu’une heure avant.
Car la Barkley c’est ça aussi. Une aventure hors du commun avec des règles étranges mais finement calculées pour que les coureurs soient toujours sur le fil du rasoir, toujours à leurs limites. La Barkley c’est une image à part dans la course à pied. Pas de public, pas ou très peu de médias, une seule source officielle des résultats, le X de Keith Dunn qui nous délivre des infos qu’il faut déchiffrer afin de connaître la position des participants.
Et puis il y a toujours cette météo, changeante, très froide cette année avec un départ avancé d’un mois. Le brouillard qui se lève la nuit, ajoutant de la difficulté, comme si il y en avait besoin.
Alors dans son secret, Ronan s’est envolé pour réaliser son rêve. Réaliser 1 ou plusieurs tours de ce circuit et ramener les pages de livres glanées tout au long du parcours, attestant de la réalisation complète de l’itinéraire imaginé par Laz. 
Là-bas il retrouve Sébastien Raichon, Guillaume Calmettes, Matthieu Blanchard, Aurélien Sanchez, les français, accompagnés de leurs assistants mais également John Kelly, l’enfant du pays déjà finisseur de la Barkley. Ne faisant pas les choses à moitié, il a amené avec lui des fritons de canard pour le traditionnel apéro d'avant course histoire d’amener un peu de Gers au cœur de ce parc du Tennessee.
Auréli
en n’est autre que le premier finisseur français de l’histoire de la Barkley en terminant les 5 tours en 58’23 en 2023. Matthieu, lui, a remporté la Barkley Fall Classic, course de 50 km lui donnant automatiquement accès à la Barkley.
Pour Aurélien ce ne sera qu’un tour en 2026. Matthieu Blanchard de son côté termine 2 tours dans les temps mais s’arrêtera là. Sébastien Raichon, lui, termine 3 tours dans les délais et s’octroie donc une “Fun Run”. Il est le plus performant de cette année, ce qui est déjà exceptionnel.
Ronan finit son premier tour hors délai mais des souvenirs plein la tête et avec le bonheur d’avoir participé à celle dont on dit que c’est la course la plus dure du monde. Il a découvert les détails de cette course au circuit si particulier, où l’orientation et la condition physique sont indispensables.
Il garde le souvenir d’une grande communion avec les autres participants et les assistants. Un moment de partage comme on en vit rarement.
La Barkley 2026 a encore gagné, il n’y a eu cette année, comme l’année dernière, aucun finisseur.
Photos de Sophie Glatigny













